Vous êtes ici : Accueil » Vivre à Pecquencourt » Pecquencourt au fil de l'Histoire » Connaissez-vous votre géant ?

Connaissez-vous votre géant ?

Le soldat

Le seigneur de l’Etoile rejoint le Connétable de Bourbon passé au service de l’Empereur Charles Quint. Dès lors va commencer pour Féry de Guyon une carrière militaire qui ne se terminera qu’à sa mort.

En ce XVIème siècle marqué par l’antagonisme entre Valois (rois de France) et Habsbourg (empereur) les événements génèrent de multiples opérations militaires en Artois, Tournaisis, Italie... Féry participe ainsi à partir de 1524 aux guerres d’Italie où il est témoin de la mort du Chevalier Bayard.

Le voici en Provence, à Nice, Marseille, à Pavie,participe au siège et à la mise à sac de Rome. En 1532

il marche contre les Turcs qui menacent Vienne.

En 1535 il se retrouve en Sardaigne, embarque pour Tunis prise le 21 juillet. 1538 c’est l’Espagne, en 1539 Archer du Corps de l’Empereur il fait partie de sa garde personnelle.

Après la Paix de Crépy en Valois les hostilités cessent et Féry se met en congé de l’armée. Selon une note de P. de Cambry qui publia les premières mémoires de F. de Guyon en 1664, l’Empereur lui accorde alors l’Aigle pour décoration de ses armes avec Lettres patentes de Noblesse.

C’est à cette époque, sans qu’on sache exactement pourquoi, que Féry s’installe à Pecquencourt “et voulut en ce temps ma fortune arriver à Pesquencourt, lez Douay, où je prins ma résidence le 24 de janvier 1544”.

Il s’y marie en janvier 1545 avec Jenne de Saint-Raagon qui lui donnera 9 enfants.

Féry repart bientôt guerroyer ; campagne de Lorraine,siège d’Hesdin en 1552, Marienbourg, Dinant, Bapaume ...

Le voici lieutenant d’une compagnie de Chevaux-Légers...Le 3 avril 1559 la paix du Cateau-Cambrésis met fin aux affrontements.A 52 ans, après avoir été successivement,page, gens de pieds,arquebusier, chef de guet, archer de corps de l’empereur duquel il reçoit pension, enfin lieutenant d’une compagnie de chevau légers,il revient dans notre “Bonne Ville”.

Nous sommes en 1559,voilà 36 ans qu’il exerce le métier des armes.

Le Bailli d’Anchin

C’est à cette époque que Féry de Guyon est pourvu de l’office de Bailli d’Anchin par le 36ème Abbé Jean

Letaillleur. Il prête serment, reçoit une lettre de Commission et devient Officier de Haute Justice : prévôt, mayeur, échevins, Hommes de fief, sergents, greffiers... lui rendent serment et lui jurent assistance.

Cependant, les troubles religieux, liés aux progrès de l’Eglise Réformée Entrainent bientôt les Guerres de Religion (1562-1598).

En 1566, année des “Merveilles”, déferle sur le Nord une formidable vague d’iconoclasme caractéristique d’une Réforme populaire spectaculaire qui s’en prend aux “ymaiges” des églises.

Des églises sont saccagées, des prêtres tués...Entre Tournai et Valenciennes, des groupes, sous la conduite de prédicateurs, pillent les Abbayes d’Hasnon, Marchiennes : Anchin est menacée.

Féry, faisant le tour des possessions immédiates d’Anchin : Montigny, Masny, Auberchicourt ... rallie les paysans qu’il persuade du péril qu’ils encourent et lève une troupe. Le 26 Août 1566, tôt dans la matinée, cette troupe forte d’environ 700 hommes et de 24 cavaliers se met en marche, gagne Bruille pour se renforcer vers Rieulay et par le “Marais des Onzes Villes” se dirige droit vers Marchiennes où stationnent les “Gueux”.

Féry fait donner l’assaut, cavalerie en tête. Les “Gueux” qui ont perdu 70 à 80 hommes se débandent et s’éparpillent.

Anchin et Pecquencourt sont sauf !

Cette première défaite des “Gueux” eut un retentissement certain ; Féry reçoit par courrier spécial une lettre de son Altesse Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas, qui le félicite et récompense. Le Roi de France Charles IX lui fait parvenir une vaisselle d’argent,enfin Féry est fait gouverneur et capitaine du Château de Bouchain par Philippe II Roi d’Espagne et des Pays-Bas.

Nomination dont il ne put jouir car le matin même “qu’il pensait aller prendre possession” Féry fut frappé “d’apoplexie” en faisant sa toilette l’an 1570 trèsprobablement.

Sauveur d’Anchin et de Pecquencourt, notre géant symbolise la fidélité, la bravoure et le dévouement.